Témoignage

5 min

Se reconvertir dans l’informatique : témoignage

Cela fait plus de 20 ans qu’Abderrhamane Aberchane travaille dans le milieu du cinéma, dans des salles de la région rouennaise. D’abord agent d’accueil puis projectionniste, il a vu son métier évoluer au fil des années et, inspiré par le virage numérique de la profession, a souhaité se réorienter vers l’informatique pour devenir technicien systèmes et réseaux. Il nous raconte son désir de changement, sa transition, et comment sa conseillère en évolution professionnelle l’a accompagné dans son parcours.

Cet article fait partie du dossier :

La formation adulte >

Vous souhaitez donner un nouvel élan à votre vie professionnelle ? Valoriser votre profil auprès des employeurs ? La formation peut apporter un second...

Pourquoi avoir voulu changer de métier ?

En 22 ans dans le monde du cinéma, j’ai déjà connu un changement de métier : d'abord agent d’accueil, j’ai passé un CAP pour devenir projectionniste. Mais par la suite, c’est mon propre métier et le secteur plus globalement que j’ai vu évoluer. Je l’ai senti en particulier à partir de 2008, lorsque la technologie a basculé de la pellicule au numérique.

Moi qui m’occupe au quotidien de la gestion et du transfert des films, cela a révolutionné mon activité, avec un matériel nouveau et des œuvres désormais dématérialisées. J’étais amené à échanger fréquemment avec la société qui gère avec nous la partie infrastructure et réseaux. Je trouvais cela intéressant, et j’ai eu envie de voir « l’envers du décor » de ces métiers. Or, plus je m’impliquais dans cet aspect, plus je me disais que cela pouvait constituer une vraie évolution de carrière pour moi.

Aujourd’hui, je suis en formation pour devenir technicien systèmes et réseaux. Dans l’idéal, j’aimerai rester dans mon entreprise. Mais même si cela n’est pas possible, je sais que je trouverai facilement du travail ailleurs. L’informatique est un secteur particulièrement porteur : tout le monde a des problèmes de matériel et de réseau à résoudre !

Que vous a apporté l’accompagnement par le Conseil en évolution professionnel ( CEP undefined ) ?

C’était la première fois que je faisais une vraie reconversion, avec une formation à temps plein pour laquelle il fallait trouver un financement, et pour cela monter un dossier… Cela faisait beaucoup de choses à gérer, et c’est là qu’on m’a parlé du CEP. Heureusement, car ma conseillère Mme Lambert a été d’une grande aide !

Elle m’a d’abord accompagné sur le choix du dispositif, en m’orientant vers un Projet de transition professionnelle (PTP). Celui-ci m’a permis de me former tout en gardant la sécurité de mon emploi actuel. Ma conseillère m’a notamment aidé à faire les démarches pour obtenir une autorisation d’absence de la part de mon employeur, ce qui n’aurait pas forcément été évident seul.

De la même manière, elle m’a beaucoup aidé dans le montage du dossier à soumettre à l’organisme financeur, Transitions Pro undefined Normandie. C’est un exercice très formel, pour valider la demande, ils sont très exigeants sur les documents à fournir ou encore sur le respect des délais de remise, pour garantir l’examen du dossier en commission… Ça a été la partie la plus difficile pour moi, et sans ma conseillère, je ne sais pas si j’y serais arrivé.

Concrètement, sur quoi avez-vous travaillé ensemble ?

Au départ, je suis arrivé avec mon projet de reconversion. On a échangé dessus, on l’a cadré. Puis, c’était moi qui arrivais avec des éléments que j’avais préparés en amont : par exemple, une lettre de motivation sur laquelle je souhaitais avoir son avis, ou bien un entretien téléphonique à venir au sujet duquel je sollicitais ses conseils. 

Parmi les choses qui m’ont sécurisé dans ma démarche, il y a notamment la mise en place d’une « enquête métier » pour en savoir plus sur ce nouveau métier que je visais, et être sûr qu’il me corresponde vraiment. Ma conseillère m’a donné des contacts, en plus de ceux que j’avais déjà, pour discuter avec des professionnels déjà en poste qui ont pu me livrer leur expérience, chacun avec un point de vue différent. Cela m’a permis de confirmer mon choix.

Mme Lambert m’a aussi accompagné en amont de ma formation, d’abord en me faisant passer des tests pour m’assurer que j’étais prêt à suivre cette formation, ensuite pour postuler et mettre toutes les chances de mon côté pour être accepté. J’ai même appris qu’il était possible, pour des formations longues comme celle que je suis actuellement, de passer quelques jours en immersion : c’est aussi quelque chose que je conseillerai.

Parmi les choses qui m’ont sécurisé dans ma démarche, il y a notamment la mise en place d’une « enquête métier » pour en savoir plus sur ce nouveau métier que je visais, et être sûr qu’il me corresponde vraiment.

Abderrhamane Aberchane,

Technicien systèmes et réseaux

Comment qualifieriez-vous votre relation avec votre conseillère ?

Pour moi, le maître-mot c’est la confiance. Notre relation a tout de suite été très fluide, le courant est passé directement entre nous. Le CEP est un service public, gratuit et désintéressé, au sens où les conseillers ne touchent pas de commission. Cela m’a vraiment mis en confiance.

J’ai apprécié le caractère très personnalisé de l’accompagnement que m’a apporté Mme Lambert. Avant ma formation, je devais gérer à la fois ma journée de travail normal, mes contraintes familiales, et en plus ce projet de reconversion : c’était pratiquement 3 journées en 1, alors avoir quelqu’un qui m’aide à bien cadrer ma démarche au milieu de tout ça est vraiment précieux.

Avec le COVID-19, notre relation s’est beaucoup faite par téléphone et par mail, mais elle m’envoyait systématiquement un récapitulatif de nos entretiens, à chaque fois très clair, pour m’orienter sur ce que j’avais à faire. Et lorsque j’avais une petite baisse de moral, elle trouvait toujours un moment pour m’appeler et me motiver, dans le respect de mes propres contraintes horaires.

Y a-t-il un moment en particulier qui vous a marqué dans ce parcours ?

Je pense à la réponse de Transitions Pro, lorsque mon dossier de financement a été accepté. C’est vraiment la clé de voûte de mon projet, ce qui relie mon entreprise actuelle et le centre de formation. Lorsque j’ai reçu ce feu vert, ça a été un soulagement incroyable, au terme d’une longue période de préparation avec beaucoup d’incertitudes. 

C’était le 10 juin, je m’en souviendrai toujours. J’ai tout de suite tenu à partager cela avec Mme Lambert. C’était une victoire pour moi, presque comme la réussite d’un examen. Cela a été possible grâce à elle et à sa présence à la fois bienveillante et rassurante.

 Que diriez-vous à quelqu’un qui hésiterait à se lancer et à contacter le CEP ?

Je lui conseillerai de faire le premier pas et de prendre rendez-vous sans attendre ! J’en ai d’ailleurs déjà parlé à un collègue, avant de partir en formation, en lui disant que j’avais eu une conseillère formidable.

Pour moi, le CEP est une sorte de boussole dans le marché du travail. Lorsque l’on est salarié, en poste dans la même entreprise depuis un certain temps, on ne se rend pas compte des évolutions du monde du travail autour de nous. C’est tout le travail des conseillers en évolution professionnelle que d’avoir ce regard expert et de nous permettre de réunir les informations dont on a besoin, quel que soit le métier ou le secteur que l’on vise. 

Tout ça m’a donné la force à moi aussi de sortir de ma « zone de confort ». Vous savez, j’ai 53 ans, alors reprendre une formation à mon âge, ça n’était pas aussi évident que si j’en avais 25 ou 35. C’est une gymnastique quotidienne. Mais, pour l’instant, cela se passe très bien… notamment parce que j’ai été bien accompagné.

Partagez cet article :

Démarrer votre accompagnement CEP

Service gratuit