Décryptage 6 min

Comment s’informer sur les valeurs de l’entreprise où l’on postule ?

En ce qui concerne l’écologie, la diversité, l’inclusion, l’égalité femmes-hommes, ou encore le partage de la valeur, l’engagement des entreprises peut varier fortement. Mais si vous êtes sensible à un ou plusieurs de ces sujets, vous voudrez sans doute savoir si l’entreprise dans laquelle vous postulez correspond à vos valeurs. Voici quelques repères pour vous y retrouver…

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Et si vous changiez de métier, ou de secteur ? Qu’il s’agisse de rebondir lors d’une étape difficile, d'affronter une crise ou de suivre ses envies, l...

1er repère : la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE)

La première étape de votre recherche sera sans doute d’aller sur le site Internet de l’entreprise. Vous pourrez en particulier - s’il y a des actions engagées - y consulter sa politique RSE ou « responsabilité sociétale des entreprises » ou sa démarche qualité. Celle-ci recouvre notamment les questions liées à l’impact de l’activité sur l’économie locale, sur l’environnement, ou encore le fait d’être un employeur dit « responsable ».

 

Pour les grandes structures, vous trouverez tout cela dans leur rapport annuel, voire spécifiquement dans un rapport RSE, généralement consultables en ligne. Le plus souvent, les engagements sont accompagnés de chiffres et de preuves liés à leur avancement. Pour autant, il s’agit d’engagements fixés librement par l’entreprise elle-même, qui participent avant tout à la construction de son image.

 

Pour débusquer le « greenwashing » ou « socialwashing » n’hésitez pas à regarder également ce que disent la presse, les ONG et les réseaux sociaux (y compris un site comme Glassdoor qui reflète l’expérience des salariés eux-mêmes) sur ces entreprises !

 

PME et grands groupes ne jouent pas dans la même cour

Si la déclaration de la « performance extra-financière » est obligatoire pour les grands groupes cotés en bourse, ce n’est pas le cas pour les entreprises de plus petite taille. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont aucune action en la matière : c’est simplement parfois plus compliqué pour elles de valoriser leurs engagements.

2e repère : les « entreprises à missions » telles que définies par la loi Pacte

Depuis la Loi Pacte de 2019, les entreprises peuvent choisir de se doter d’une « raison d’être » et obtenir ainsi officiellement le statut d’entreprise à mission. Cette raison d’être doit être associée à un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux, que l’entreprise s’engage à respecter dans le cadre de son activité.

 

Ces engagements seront contrôlés. En interne d’abord, par un comité de mission, comportant au moins un salarié, qui s’assure que les décisions stratégiques de l’entreprise sont conformes à sa mission. En externe ensuite, par un organisme tiers indépendant qui vérifie que les objectifs sociaux et environnementaux ont bien été respectés.

 

Notez cependant que c’est l’entreprise qui définit librement sa mission sans que celle-ci ne soit juridiquement contraignante. Regardez également bien les actions concrètes menées dans le cadre de la mission. 

 

Il existe une liste officielle des entreprises à mission.

3e repère : les labels, évaluations & réseaux (B Corp, label Engagé RSE, Impact France, Egapro…)

Pour mesurer l’engagement des entreprises, vous pouvez consulter les labels et certifications qui sont attribués par des organismes de notation externes. Même si ce sont les entreprises qui choisissent les labels auxquels elles adhèrent, cela permet de garantir qu’elles ne fixent pas elles-mêmes leurs propres critères d’évaluation.

 

Il existe en particulier un label qui a le vent en poupe : B Corp. Délivré par une association fondée en 2006 aux États-Unis, ce label est octroyé aux sociétés commerciales répondant à des exigences sociétales et environnementales de gouvernance ainsi que de transparence envers le public. Les critères sont réévalués tous les 18 mois par un comité multipartite. Les résultats des évaluations sont communiqués publiquement, avec les performances précises sur chacune des thématiques.

 

Mais il existe aussi d’autres labels comme le label Engagé RSE d'AFNOR Certification, que l’entreprise TINGARI a choisi par exemple, car il a une reconnaissance nationale et européenne et est délivré par un organisme de certification français reconnu. C’est un Label de référence aujourd’hui pour évaluer la maturité des démarches RSE des organisations (entreprises, associations ou territoire). Elle se base sur la norme ISO 26000 qui regroupe des lignes directrices qui indiquent la bonne ligne de conduite à suivre pour évaluer l’engagement des organisations en faveur du développement durable, mais également de la performance globale.

 

D’autres réseaux sont également reconnus, comme la communauté Impact France. Celle-ci réunit des entrepreneurs et dirigeants partageant la conviction qu’ils ont un rôle et une responsabilité essentiels dans la construction d’un autre modèle d’entreprise, plus solidaire, plus équitable, plus soutenable. Leur impact fait l’objet d’une évaluation selon 4 critères : partage de la gouvernance, partage de la valeur, impact social et impact écologique. À la clé, un « impact score » donnant non pas un label, mais une mesure à un moment donné qui leur sert ensuite de boussole pour s’améliorer.

 

Sur le sujet plus spécifique de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, on peut également se référer à l’Index Égapro qui permet de situer la politique de toutes les entreprises françaises de plus de 50 salariés. Depuis maintenant plusieurs années, il est obligatoire de calculer et rendre public cet indicateur, qui reflète notamment les écarts de rémunération femmes-hommes, les écarts de répartition des promotions ou encore la parité au sein des plus hauts postes.

4e repère : le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS)

Parallèlement, il y a tout un secteur qui repose sur le principe d’utilité sociale : celui de l’économie sociale et solidaire. Fondé à l’origine uniquement autour des coopératives, des mutuelles, des ONG, des associations, des fondations…, on y retrouve essentiellement (mais pas seulement) des organisations à but non lucratif. 

 

Depuis la loi Hamon de 2014, il existe aussi des entreprises classiques qui peuvent faire partie de l’ESS : celles-ci doivent alors obtenir l’agrément ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale). Pour cela, elles doivent remplir plusieurs conditions strictes, parmi lesquelles poursuivre un objectif d’utilité sociale, disposer d’une gouvernance démocratique associant l’ensemble de leurs parties prenantes, et réinvestir la majorité de leurs bénéfices plutôt que de verser des dividendes.

 

S’il peut être plus évident de trouver des structures en accord avec vos valeurs au sein de l’ESS, cela ne veut pas dire pour autant que ces acteurs sont toujours exempts de critique quant à leur action, leur gestion, leur financement... À vous de vous informer, de faire le tri et, surtout, de sentir ce qui résonne vraiment avec vos aspirations personnelles.

5e repère : les entreprises dont l’activité même est porteuse de sens

Enfin, même si elles ne font pas forcément partie de l’ESS, il existe aussi de nombreuses entreprises dont l’activité en elle-même, ou bien la façon dont elles l’exercent, est porteuse de sens et de valeurs. Et cela passe par des activités très diverses comme par exemple des sociétés qui favorisent l’autopartage (Getaround, Citiz…) plutôt que les trajets individuels, à des voyagistes qui favorisent un impact plus positif sur l’économie locale, à des établissements bancaires qui pratiquent la finance solidaire ou encore des entreprises de conseil qui accompagnent l’évolution professionnelle des salariés ou qui aident à l'insertion professionnelle des chômeurs ​…

Au sein d’une même entreprise, toutes les activités ne se valent d’ailleurs pas forcément au regard de vos valeurs. Pour reprendre le cas des banques, la plupart des grands établissements français financent aujourd’hui encore massivement les énergies fossiles… mais aussi des initiatives qui apportent des « solutions » au dérèglement climatique, qui sont plus volontiers mises en avant. Indépendamment du secteur, à vous de voir ce qui est acceptable ou non, pour trouver un métier qui a du sens pour vous.

 

Vous pouvez également trouver de nombreuses entreprises engagées sur des sites comme :

  • Shift Your Job – projet porté par The Shift Project, think tank visant à accélérer la transition écologique et énergétique des entreprises.
  • Welcome To The Jungle – site référent d’offres d’emploi, avec notamment de nombreuses entreprises engagées, ainsi que des associations et ONG.
  • Jobs that makesense – plateforme spécialisée dans « l’emploi à impact positif » et communauté construite autour des métiers qui ont du sens.
  • How I Met Your Planet – annuaire d’entreprises engagées sur les sujets environnementaux et sociaux.

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